Constellations Google Maps Views

Connaissez-vous les photospheres, ces images-panorama à 360° dans lesquels on peut se croire en immersion, dans un vrai paysage, et tourner la caméra dans toutes les directions ?
Connaissez-vous Google Street View, cette succession de photospheres dans lesquelles un visiteur peut se déplacer à son gré, pour visiter une ville ou un site touristique ?
Depuis peu, Google propose à tout-un chacun de créer ses propres séries de photospheres et de les partager avec le monde entier. Bienvenue dans le monde des constellations!
… mais comment ça marche ?

Le 29 octobre 2012, Google sort Android 4.2 Jelly Bean, qui propose une amélioration à sa caméra qui peut actuellement prendre des panoramas. Celle-ci peut désormais prendre des panoramas à 360°x180°: les Photospheres.
Le procédé est simple: l’écran indique une sphere bougeant avec le téléphone et des points sur la sphere. Un cercle fixe est aligneable avec les points de la sphere et une photo est alors demandée pour ce point. Par la succession et l’assemblage des photos, une photosphere est créée. mais le procédé n’est pas facile: il faut voir l’écran, y compris quand on shoote vers le ciel. Et intuitivement on bouge l’appareil, rendant probable les erreurs d’alignement d’image. D’autrepart, la caméra des appareils photos n’est pas de la meilleure qualité et les contrastes élevés comme le ciel lumineux face à un sol sombre parait tout blanc.

Les images ainsi crées peuvent être partagées sur Internet, par exemple sur Google Plus.

Le 30 juillet 2013, Google ouvre Google Maps Views, un service permettant de partager nos photospheres sur Google Maps. Enfin ces photospheres sont disponibles pour le plus grand nombre directement sur Google Maps, moyennant une approbation par Google qui peut prendre une semaine.
Mais peut-on joindre toutes ses photospheres ensemble ? Oui, mais il faudra attendre…

Le 9 décembre 2013, Google sort un outil pour joindre des photospheres et les publier sur… en fait nulle part. Il faut fournir le lien sur Internet à des tiers. Google permet de lier une constellation personnelle à la super-constellation Google Street Views, soit autrement dit on peut naviguer dans une constellation personnelle et sortir dans le réseau Street View de Google, mais l’inverse n’est pas (encore?) possible.

Reste que vu la fréquence des releases des outils Google vus ci-dessus, on ne peut qu’espérer une bonne surprise pour mai-juin 2014 ?

Pour créer une photosphere, un moyen simple est le suivant:
1/ Créer une photosphere avec un Android Jelly Bean (Note: Samsung a désactivé cette fonction de son appareil photo, pourtant standard Android, car ils souhaitent apparement sortir le leur, “bien meilleur”… mais une année après on attend toujours ! En attendant, on trouve des apk de la caméra d’origine à installer)
2/ Enregistrer la photosphere dans les photos Google+
3/ Partager la photosphere sur https://maps.google.com/views (description détaillée plus bas)
Mon Workflow pour créer des constellations
Etape 1: Shooter
Prendre un bon appareil photo avec la focale la plus petite possible et shooter en 360°x180°. Quelques conseils issus de mon expérience:

  • Trouver un point fixe par feuille pouvant servir de repère central: feuille, bouche d’égout, gant…
  • Shooter fatigue. Inutile de mettre l’appareil photo à hauteur d’yeux et avoir les bras qui tremblent. Laisser le bras tomber puis mettre l’avant-bras à 90°, et shooter en aveugle. ça permet de prendre 2000 photos de suite sans se fatiguer musculairement. Et pour shooter en ville, c’est discret.
  • Le capteur de l’appareil photo doit être immobile durant la prise de vue. Le photographe doit tourner autour. Attention aux barrières, c’est là où le moindre millimètre bougé se paye cher !
  • Shooter en mode “automatique” est suffisant. Dès qu’on quitte le sol, le mode paysage permet de gagner du temps en autofocus et correction d’image
  • Commencer au sol et monter progressivement juqu’au ciel. Se tourner de 30°, puis descendre progressivement jusqu’au sol, etc…
  • Prévoir un taux de recouvrement d’au moins 50%, de sorte que l’on peut supprimer une ou deux images mal prise au besoin et ne pas avoir de trou
  • Terminer par prendre le sol et le ciel à bras tendu, pour ne pas être dans le champ
  • 12 bandes de 7 photos environ, soit 84 photos. Pour les paysages, on peut prendre 8 bandes de 5 photos, mais attention aux trous !
  • Pour une constellation, prendre une photosphere tous les 40 mètres environ, ou à chaque virage ou point stratégique

Prendre une photosphere, soit environ 80 photos, me prend 2 minutes. Le geste devient vite automatique.

Etape 2: Assembler
Il existe des outils automatiques d’assemblage, comme autostitch, gratuit. Je préfère son alternative payante mais plus avancé, Autopano.

  • Autopano détecte les liens entre les photos automatiquement, et propose une image à 360°x180°
  • Vérifier à l’oeil si les liens sont bons. Corriger les liens (entre 0′ et 1h par image !)
  • Parfois il vaut mieux supprimer des images pour améliorer les liens ou supprimer un fantôme (une personne passant devant l’objectif)
  • Corriger les verticales et horizontales, vérifier que le rendu est bien en 360°x180°
  • Vérifier l’exposition, la luminosité
  • Enfin, effectuer le rendu. 7000×3500 me semble un bon compromis qualité-poids.

Le traitement d’une photosphere me prend en moyenne 15 minutes.

Etape 3: Méta-informations
Pour l’instant on a une image. Pour la convertir en photosphere, il faut lui ajouter des méta-informations.

  • http://photo-sphere.appspot.com/ permet de localiser une photo et lui ajouter les méta. On upload l’image, on la localise, puis on download la photo avec les métas
  • Si on a beaucoup d’images à localiser, ce processus prend du temps. On peut l’automatiser…

En se basant sur exiftool.exe, on peut scripter l’ajout des méta-informations. Voici mon script python (windows)(à adapter):

#-*- encoding: UTF-8 -*-
# Ajoute les tags pour photosphere dans les fichiers ap*/DSC*p*JPG
# L'image doit être de taille 7000x3500
import sys, glob, os

def find():
for folder in glob.glob("ap*"):
files=glob.glob(folder+os.sep+"DSC*JPG")
files = [el for el in files if el.find("p")>0]
for filename in files:
panoFilename=filename.split(os.sep)[-1]
heading = raw_input("heading for "+panoFilename+": ")
os.system("copy %s %s" % (filename, panoFilename))
exiftool(panoFilename, heading, 7000, 3500, len(files))
def exiftool(filename, heading, width, height, nbPictures):
cmd="exiftool "
cmd+="-xmp:ProjectionType=equirectangular "
cmd+="-xmp:PoseHeadingDegrees=%s "%(heading)
cmd+="-xmp:CroppedAreaImageWidthPixels=%s "%width
cmd+="-xmp:CroppedAreaImageHeightPixels=%s "%height
cmd+="-xmp:FullPanoWidthPixels=%s "%width
cmd+="-xmp:FullPanoHeightPixels=%s "%height
cmd+="-xmp:CroppedAreaLeftPixels=0 "
cmd+="-xmp:CroppedAreaTopPixels=0 "
cmd+="-xmp:UsePanoramaViewer=True "
cmd+="-xmp:StitchingSoftware=Autopano "
cmd+="-xmp:InitialViewHeadingDegrees=%s "%heading
cmd+="-xmp:InitialViewPitchDegrees=0 "
cmd+="-xmp:InitialViewRollDegrees=0 "
cmd+="-xmp:InitialHorizontalFOVDegrees=75.0 "
cmd+="-xmp:SourcePhotosCount=%s "%nbPictures
cmd+="-xmp:ExposureLockUsed=True "
cmd+="-xmp:StitchingSoftware=vim "
cmd+="-exif:Make=Sony "
cmd+="-exif:Model=\"Sony DSC-HX20V\" "
cmd+="-exif:Software=\"Autopano and vim\" "
cmd+="-exif:Artist=\"Votre nom ici\" "
cmd+="-exif:Copyright=\"Votre nom ici\" "
cmd+="-exif:LensModel=\"-\" "
cmd+="-exif:ImageWidth=%s "%width
cmd+="-exif:ImageHeight=%s "%height
cmd+=filename
print cmd
os.system(cmd)

find()
raw_input("Press enter to continue")

Ce code définit la taille de l’image, ajoute différents métas sur la prise de vue originelle, et demande le heading (à entrer manuellement), soit la direction depuis le nord. Il n’est pas obligatoire de géo-localiser une photosphere, mais ce serait une évolution de l’outil. On le fera dans Google Maps Views.

L’exécution du script python va convertir les images dans un dossier ap, nommées DSC*p*JPG (convention personnelle). Pour chaque image, le programme demande le heading, puis appelle exiftool.exe (à charger séparément et placer à côté du script python), qui va créer une image avec les métas dans le dossier courant.
On a maintenant des images géolocalisées. Ceci me prend environ 30 secondes par image, avec MapSource pour un heading parfait, mais une estimation par Google Maps suffit, on pourra corriger le heading plus tard.

Etape 4: Upload dans Google+
Les images doivent être ensuite uploadées dans un compte Google+:

  • Ouvrir Google+
  • Dans le menu Home en haut à gauche, choisir “photos”
  • Uploader les photos avec méta dans la barre de menu en haut: “Upload Photos”
  • Il n’est pas obligatoire d’ajouter des titres de photos
  • Sur les photos uploadées, le logo photosphere apparaît en sur-impression au milieu de la photo (voir image ci-dessous)
  • Terminer sans partager les photos


Etape 5: Ajout des images dans Google Maps Views
Les images doivent être ajoutées dans Google Maps Views:

  • Ouvrir Google Maps Views
  • En haut à droite, cliquer sur l’appareil photo avec un + et le label “Ajouter de Google+”
  • Sélectionner les photos précédemment ajoutées à Google+
  • Pour chaque photo, la localiser sur la carte (“Add a location”), et ajouter un titre de photo, pour le visiteur et aussi pour la trouver plus facilement par la suite
  • Cliquer sur “Publish”
  • Cliquez sur votre nom de profil, en haut à droite, pour voir vos images

Etape 6: Créer une constellation
Les outils de création de constellation sont très jeunes, mais vont évoluer avec le temps.
Le site propose directement depuis les photos du profil de créer une constellation: “Connect images to navigate between them.” Il suffit alors de sélectionner une image et se laisser guider pour créer la constellation. Quelques trucs:

  • Pour modifier une constellation, trouver la photo d’origine contenant la constellation. En haut à droite de cette image, on trouve 3 traits. Choisir alors ‘edit’ et ‘edit constellation’.
  • Pour ajouter des photos à une constellation, sélectionner l’image de la constellation et les nouvelles images puis demander à les connecter.
  • Cliquer sur un point-photo, puis cliquer sur la ligne vers la photo la plus proche pour créer un lien. Puis tourner la petite photo sur le plan pour ajuster l’angle.
  • A la fin, cliquer sur “publish” et attendre quelques heures. Le lien vers la constellation se trouve en sélectionnant la photo puis cliquer sur “share”.


C’est terminé ! Il ne reste qu’à partager votre constellation sur Google Plus avec le hashtag #photosphere ! Et envoyez-là moi ! (dutoitc at shimbawa point ch).

Visitez ici une de mes constellation qui va vous faire découvrir le Chemin des Présidents et le Chemin de Ronde d’Orbe (Suisse)…

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